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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 00:00

Il n'est pas 5 heures, il va falloir bientôt se lever. J'ai très mal dormi, alors que le jour n'est pas encore levé, je suis déjà réveillé. Jusque tard dans la nuit des chinois ont sillonné le parc avec des lampes torches éclairant le tronc des arbres à la recherche de cigales qu'ils revendent. Mon arrivée est prévue pour 10 heures, à peine une dizaines de kilomètres à parcourir. En partant à 8 heures, c'est largement suffisant pour atteindre le stade olympique où l'on m'attend, je n'ai donc pas à me presser. Pour ce dernier jour, le soleil est au rendez-vous. Du côté émotion, les larmes de bonheur me coulent sur les joues, ce jour, je l'ai attendu depuis si longtemps croyant ne jamais y parvenir. A 9 heures, je réussis à me positionner sur mon plan, ce n'était pas 10 km mais 20 km que je devais parcourir pour parvenir au  « Nid d'oiseau » c'est le nom du stade, un magnifique chef d'œuvre architectural.

 Plus qu'une heure, ma marche nonchalante se transforme subitement en un sprint effréné, il me reste encore plus de 10 km à faire en une heure sans compter les arrêts pour demander mon chemin. Sur la route en contre sens, avec mon attelage hétéroclite tous les gens se retournent et alors que certains cherchent à comprendre, je n'ai pas le temps de m'attarder. Je n'ai jamais couru si vite depuis mon arrivée en Chine. A 10 heures, je préviens Marie-Jeanne mon épouse qui vient me rejoindre à Pékin que je serai en retard, il me reste encore 3 à 4 km. Alors que je demande mon chemin, une chinoise me demande de la suivre, 5 minutes plus tard nous sommes à un arrêt de bus qui va au parc olympique, nous ne nous sommes pas compris, un chinois en vélo équipé d'un appareil photo avec un énorme objectif que je crois être un journaliste va ensuite m'ouvrir la route jusqu'à l'enceinte du parc olympique sans pouvoir y rentrer. C'est là au pied d'un grand bâtiment en forme de flamme que mon aventure va se terminer.

 Dans la foule je retrouve enfin Marie-Jeanne et des amis qui m'attendent, Véronique une reporter pour jogging est là aussi pour faire un article. Pendant quelques heures, je suis devenu le champion des jeux, photos, autographes, interviews de la presse et des radios après quoi ma flamme va s'éteindre pour redevenir l'anonyme que je suis laissant place à celle des jeux.



Jusqu'au 3 septembre, je vais pouvoir vivre les jeux, découvrir Pékin avec ses temples et ses parcs magnifiques sans oublier la grande muraille, une grande page se tourne..



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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 00:00

La nuit s'est bien passée, je n'ai pas été délogé, seuls moustiques et fourmis m'ont importuné. L'étape n'est pas bien longue mais c'est très bien comme cela. Je savoure tout ce que je vois sur mon passage, des équipes de chinois parent tous les lampadaires de drapeaux olympiques. Après les avoir pris en photos, je leur montre mon aventure et leur demande gentiment si je ne pourrais pas en avoir un. Un  instant réticent, un des chinois prend un étendard encore emballé et me le donne en me faisant signe de le cacher.


Pendant tous ces derniers kilomètres je suis le circuit vélo, la route est nickel et je croise bon nombre d'équipes de coureurs qui reconnaissent le parcours, tous répondent à mon salut mais je n'ai pas la chance de voir desfrançais.


Emilie de Véolia m'a prévenu depuis le veille qu'elle viendrait à ma rencontre, vers midi nous nous retrouvons avec deux de ses collègues. Nous faisons quelques pas ensemble avant d'arriver dans une station et comme n'y a pas de restaurant à proximité, Emilie m'achète quelques nourritures pendant que je fais ma toilette au lavabo de la station. Devant il y a un beau carré d'herbe verte à l'ombre de grands arbres, je m'installe pour pique-niquer après avoir dit au revoir à mes charmantes visiteuses, l'appétit est revenu.

 
Vers 14h30, je reprends la route pour quelques km avant de trouver un parc de promenade, l'endroit est très agréable, malgré les nombreux promeneurs, c'est là que je vais passer ma dernière nuit à la belle étoile sauf si l'on me fait évacuer les lieux. Il doit me rester une dizaine de kilomètres pour arriver à 10 heures au point final de mon aventure, le stade olympique.

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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 00:00


Cette nuit tout aurait pu bien se passer et pourtant, vers deux heures du matin un mal de ventre et une diarrhée carabinée, je pisse l'eau par l'anus. Intoxication, gastro ? Toute la nuit mes intestins vont se tordre. Après ne plus avoir fermé  l'œil,  je me lève comme d'habitude et je part l'estomac vide, à peine je bois et mange que j'ai mal au ventre.

Tout d'abord une montée de 3 km, je dois m'y reprendre en deux fois pour arriver au sommet de la montagne. Ensuite, tous les 3 ou 4 km je suis obligé de m'arrêter pour aller à la selle ou me reposer,  j''en suis déjà à 8 cachets anti-diarrhée. Heureusement la route est en descente, bordée de chaque côté d'une allée de fleurs au milieu d'un paysage montagneux magnifique qui me font oublier mes maux. A midi, je me force à manger quelques cuillères de riz mais rien ne passe.


Je vais continuer ma descente jusque Changping, parvenir à un grand rond point aménagé en jardin avec des fleurs et des bancs.


Un grand écran télé a été installé pour retransmettre les jeux, sur le bord de la route, un  panneau m'indique le village olympique à 25 km.


L'endroit est agréable, je m'installe dans la grande herbe à l'extérieur du rond point juste derrière le grand écran un peu à l'abri des regards, j'espère ne pas être obligé à lever le camp. Il est 16h30, pour récupérer je fais une sieste, à mon réveil, je regarde les cerfs-volants qui évoluent majestueusement dans le ciel bleu et comme je ne suis pas très loin de l'aéroport, à peine 20 km à vol d'oiseau, je vois le va et vient des avions qui passent au dessus de ma tête. L'appétit n'est pas revenu, quelques pêches achetées au bord de la route dans la matinée vont me suffire comme repas du soir.


 Demain je dois retrouver Emilie la correspondante Véolia à Pékin, en attendant je reste blotti dans mon petit coin ensoleillé tout en écoutant la musique des clips vidéo transmis sur l'écran.

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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 00:00

Je ne suis pas très loin de Badaling, endroit où se pressent les touristes pour aller visiter la Grande Muraille.


J'ai passé une grande partie de la nuit à tuer les fourmis que je sentais courir sur moi, il faisait bien  trop chaud pour me mettre dans mon duvet. Pour avoir mal dormi pour la 2ème nuit d'affilé, dès le départ je suis lessivé comme jamais je ne l'ai été en début de journée. Même si je n'ai pas besoin de beaucoup de sommeil pour récupérer, un minimum est nécessaire.

Au départ ce matin, une borne kilométrique indique 99 km, je suis à moins de 100 km de Pékin. Malgré un début de parcours facile, je vais devoir faire des haltes à répétition et même après avoir déjeuner me coucher une heure dans l'herbe à l'ombre. A 11 heures, Marie-Jeanne mon épouse me prévient qu'elle est arrivée à Pékin chez des amis, je dois la retrouver le 8 août à mon arrivée au stade olympique, je suis impatient de la retrouver après cette longue absence. Il fait très beau, pour ne pas à avoir à chercher un hôtel ce soir et me faire jeter comme hier, je vais faire quelques provisions avant de chercher un endroit agréable pour monter la tente.


Perdu en pleine montagne, loin de toutes habitations, ce soir je n'aurai pas de problèmes avec les forces de l'ordre et à l'intérieur de ma tente, pas non plus avec les fourmis, moustiques et autres indésirables.

 

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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 00:00


La nuit a été très chaude, je suis réveillé tôt importuné par toutes ces bestioles qui raffolent de moi, le jour n'est pas encore levé, il est 4h30 du matin. J'attends un peu avant de commencer à ranger et quand je prends le sac plastic dans lequel 3 galettes m'attendent pour mon petit déjeuner,  je trouve une véritable fourmilière. Je n'ai plus qu'à les jeter et attendre la première épicerie pour me restaurer mais pour cela, il faut que je quitte l'autoroute et que je rejoigne la G110. En contre bas à une centaine de mètres il y a une route, j'aperçois une borne kilométrique, je descends voir, il s'agit de la G110 que je rejoins à la première sortie avant d'arriver à Huailai, il est 8 heures. Pendant que je prends mon petit déjeuner, un chinois à qui j'ai demandé où l'on pouvait acheter des pneus pour mon chariot enfourche sa moto et part m'en chercher. Une demi-heure plus tard il revient sans en avoir trouvé remorqué par une autre moto car il est tombé en panne.
Arrive un fourgon et une voiture de police, huit policiers au total prévenu de ma présence viennent me faire une visite. Je leur demande s'ils peuvent m'aider à trouver des pneus après leur avoir expliqué mon aventure.
Avec quatre d'entre eux, je pars dans le fourgon faire les magasins d'accessoires de chariots. Je leur dis que c'est dans un magasin d'accessoires de vélos qu'il faut chercher, une heure et demie plus tard, une femme policière nous rejoint et nous entamons une nouvelle virée sans résultat. Huailai est la dernière ville importante où j'ai une chance d'en trouver, Pékin est encore trop loin pour pouvoir finir avec ceux que j'ai. Je commence à désespérer mais nos charmants policiers ne désarment pas, il est presque 11 heures, je n'y crois plus quand nous arrivons dans un petit magasin, il y a là plein de variétés de pneus et près de la caisse plusieurs piles de pneus de petites dimensions. Mon regard fait tilt, en voilà, je saute de joie, je suis si heureux que je ne cherche même pas à monnayer, je règle aussitôt les 30 yuans demandés.
Nous retournons au restaurant où j'ai laissé mon chariot, nous retrouvons la deuxième voiture de police qui est restée là à nous attendre. A ce moment la jeune femme policière me demande mon passeport qu'elle me rend après avoir relevé certaines informations.


Il est déjà 11 heures, si je veux faire 40 km, je n'en ai fait que 15,  je ne dois pas perdre de temps.
Je suis tellement content d'avoir pu me dépanner que la fatigue n'a plus d'effet sur moi, les kilomètres défilent surtout que la route est plate. A 17h30, un repas rapide avant de reprendre mon chemin et atteindre vers 18h au 34ème km une petite ville. Un premier hôtel, de la main on me dit d'aller plus loin, un deuxième, même chose. Je veux comprendre mais pas de réponses à mes questions et à chaque fois un regroupement de curieux se forme. 
Cela ressemble à il y a quelques jours où c'était les policiers qui interdisaient aux hôteliers de me louer une chambre et voulaient que je quitte la ville. J'arrive à un troisième hôtel, le personnel et la patronne sont devant le hall d'entrée, avant que je ne dise quoique ce soi, même geste de la main ce qui fait rire de bon cœur le personnel et tous les curieux qui sont autour de mon chariot. Pris d'une colère au milieu d'une trentaine de personnes, j'attrape un chinois par le maillot de corps avant de le relâcher. Je demande alors qu'on appelle la police quand celui que je viens de prendre au collet et deux autres à côté de lui me disent qu'ils sont de la police. En civil, c'est dur de les reconnaître, je m'excuse de mon geste d'énervement. Ils me demandent d'attendre, dix minutes après une voiture et un fourgon arrivent, sept policiers en descendent, j'explique qu'on ne veut pas de moi aux trois hôtels où j'ai demandé une chambre. Ils veulent mettre mon chariot dans le fourgon et me faire monter, je refuse catégoriquement, je vais à Pékin uniquement à pied. Ils me disent de les suivre,  je vais encore marcher jusqu'à  plus  de 20 heures, la nuit est tombée quand nous arrivons à l'office de police, dernier bâtiment à la sortie de cette ville tout en longueur.
Je leur montre mon papier écrit en signes chinois qui dit comment je m'appelle, que je peux dormir parterre, que j'ai un matelas et un duvet.  Je me dis que je vais être hébergé gratuitement, je n'aurai pas l'hôtel à payer, plusieurs fois déjà j'ai dormi et mangé au poste de police.
Il est presque 21 heures, quand ils me rendent mon passeport après m'avoir pris en photos sur toutes les coutures, je me dis que maintenant j'allais pouvoir aller me coucher quand ils me demandent de les suivre à l'entrée de la cour, m'ouvrent le portail et me disent Pékin c'est tout droit, ils viennent de me remettre sur la route en pleine nuit sans lampe. Je suis fou de rage, cinq cents mètres plus loin je vois la lumière d'une station service, je vais peut-être pouvoir y dormir comme souvent cela a été le cas. Je suis à deux cents mètres environ quand une voiture noire me double, pénètre sur la station avant d'en sortir rapidement et repartir d'où elle venait. Je n'ai pas mis les deux pieds sur la piste que déjà quatre employés me barre l'accès me faisant signe de continuer ma route, la voiture noire, c'était des policiers en civil qui venaient d'interdire au personnel de m'accueillir.
Je quitte les lieux, je fais encore quelques centaines de mètres et je me couche le long de la route un peu en retrait, j'ai sorti seulement mon matelas et mon duvet avant de m'effondrer de fatigue, j'ai parcouru plus de 40 km.

 

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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 00:00

J'ai regardé tard la télé, il y avait le meeting d'athlétisme de Paris et ce matin j'ai du mal à me lever.
Je dois déjà sortir de la ville, retrouver ma route, à chaque grande ville c'est la même chose. Dès le départ, on m'indique des orientations contradictoires alors que Pékin ma direction n'est plus qu'à 180 km. Je choisis les indications qui me semblent les plus fiables, elles m'amènent sur l'autoroute, je n'ai pas le choix, il faut y aller.
A l'entrée deux policiers me demandent mon passeport, 30 secondes plus tard ils me le rendent sans m'interdire l'accès comme d'habitude. La première borne kilométrique indique l'entrée de Pékin à 153 km.

Il faut que je trouve une station pour faire quelques provisions pour déjeuner. Il fait très chaud, à 10h00 un panneau sur l'autoroute indique déjà 35°. Une nouvelle fois je passe la montagne, ce n'est pas encore fini.


Il me faut attendre 15h00 pour arriver à une station aréa où je peux manger. J'ai l'estomac dans les talons, les forces commencent à me manquer. Un bon repas, une bière et quelques provisions pour le soir, la prochaine station est à 40 km, impossible d'y arriver, ce soir je vais devoir dormir au bord de l'autoroute.

Je tire au maxi sur les pneus, j'ai  déjà fait 70 km avec ceux d'occasion, je voudrais en faire encore une dizaine quand un bruit retentit, un pneu vient d'éclater. En plein soleil je dois monter mes deux derniers pneus neufs qui ne pourront pas m'amener à Pékin. Demain, je vais essayer de regagner la route G110 que j'aperçois mais que je ne peux pas rejoindre avant la sortie d'Huailai  à 12 km.


Au 42ème km, j'enjambe la barrière de sécurité pour m'installer derrière des petits buissons. Pas question de monter la tente, je suis étendu sur mon matelas mon duvet par dessus, prenant garde de ne pas me faire repérer par la police.


Marie-Jeanne vient de m'envoyer un sms, elle est dans le train pour Paris pour aller prendre demain son avion à Roissy Charles de Gaulle direction Pékin.

 

 

 

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 00:00

Debout cinq heures, mes gardes sont là, ils m'aident à ranger mon matériel, vont me chercher de l'eau chaude pour me faire un café. Arrivent ensuite mes charmants policiers de la veille, gentils et courtois. Ils vont m'accompagner une douzaine de km jusqu'au péage. Entre temps, je dois changer mes pneus pour mettre ceux d'occasion achetés la veille.


Juste après le péage, une nouvelle voiture de police prend le relai, rejoint par une autre, c'est alors qu'ils décident de m'arrêter. Ils se passent mon passeport de main en main, je reste patient, je me mets assis,  profite de cet arrêt pour faire une pause et manger.


Mon contrôle s'éternise, je me lève, leur montre l'heure qui tourne, j'enfourche mon chariot et je pars sans demander mon reste. Ils me rattrapent aussitôt pour me rendre mon passeport et me dire au revoir en me félicitant par un geste du pouce. C'était un coup de bleuf, je ne serais pas parti sans mes papiers. Alors que j'arrive à un croisement, je retrouve ma route G110 que j'ai perdu depuis la veille. J'ai du faire quelques kilomètres en plus mais je n'ai pas eu de montagne. 


La journée se poursuit le mieux du monde  quand vers 16h00 je m'arrête dans un restaurant pour boire une bière en attendant de manger.

Je suis en train de manger mes raviolis quand arrivent successivement trois véhicules de police. Un policier me demande de venir en voiture à l'office de police, je refuse catégoriquement en lui disant  que je vais à Pékin depuis la France uniquement à pied. Alors que je continue à manger, avec l'aide d'un petit dictionnaire « français-chinois » la conversation continue avec quatre policiers  pendant que quatre autres sont dehors. Au bout d'un certain temps, je pique une colère, je mets ma main au dessus de ma tête en leur disant en français : la police j'en ai ras le bol. Une policière qui avait mon dictionnaire en main tombe sur le mot tension avec en dessous une phrase traduite en chinois, ‘'vous avez de la tension'' elle me la montre, je souris en lui répondant que non mais que tous ces contrôles à répétition m'irritaient, que c'était déjà le 3ème aujourd'hui. Elle me demande si je dors ici, je lui dis que non, mon repas terminé je repars, je ne sais pas où je vais dormir, soit à l'hôtel si j'en trouve un sinon sous la tente.

Je suis prêt à continuer ma route, je demande à payer mon repas et comme la veille ils me disent que non, en fin de compte c'est le restaurateur qui prend en charge la note.


Quand je reprends la route, deux voitures m'escortent. A ma hauteur, les policiers discutent avec moi et sur le bord de la route les gens d'un geste de la main me disent bonjour et me félicitent.

Alors que j'approche de Zhang Jakou, je me dis qu'il serait bien d'aller jusque là. A un arrêt, je demande à un policier où il y a un hôtel bien et pas cher, il me dit de les suivre. Nous arrivons au Xuan Hua un hôtel chic en plein centre ville, dans une aile de l'établissement il y a des chambres à 76 yuans (7.60 euros) où les policiers logent, la chambre est très correct avec douche et télé. Depuis le 25 juillet je n'ai pas dormi dans un lit.

Sans tous ces contrôles la journée aurait été parfaite, 48 km sur une route plate et ombragée avec un petit orage d'un quart d'heure  pour me rafraichir.

 

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 00:00

Mon téléphone n'a pas encore sonné (5 heures moins une) que j'entends la voix de notre chinois de la veille qui m'appelle du bas du talus, il vient me réveiller et toute la nuit il a du veiller sur moi sans que je le sache. Il m'aide à ranger mes affaires, à descendre mon chariot et regagner la route.


Hier je m'étonnais de l'arrivée si rapide de la police, je n'ai pas marché 400 mètres que je tombe sur un poste de contrôle, on échange quelques mots sans que l'on ne me demande quoi que se soit, ils sont  certainement au courant.


Le relief est plat mais il fait chaud, avec la fatigue de la veille j'ai du mal à tirer mon chariot. Vers onze heures j'atteins une petite ville, je prends la direction du centre interdite aux poids lourds. Devant le magasin d'un vendeur de deux roues d'occasion, une vespa d'enfant, les pneus sont de dimension 12 ½  x 2 ¼ les mêmes que mon chariot. Ils peuvent me dépanner pour aller jusqu'à Pékin. Je demande s'il veut me les vendre en lui montrant ceux de mon chariot qui sont complètement usés sans lui dire que j'en ai encore une paire des neufs. Il refuse, prend une roue et part pour m'en trouver des neufs, vingt minutes plus tard il revient sans rien. J'insiste pour qu'il me vende ceux de la vespa, autour de moi j'attire  beaucoup de curieux qui interviennent en ma faveur, même la police s'en mêle. Le vendeur cède, il me démonte et me donne les pneus sans vouloir que je lui paie.


Je ne regrette pas d'être passé par le centre même si j'ai perdu un peu de temps. Maintenant, il me faut retrouver ma route vers Zhang Jakou, un jeune chinois qui parle anglais m'accompagne jusqu'à la sortie de la ville, des policiers me mettent ensuite dans la bonne direction seulement, ce n'est plus la route  G110 mais la X454, elle est récente plate et toute droite, elle a l'air d'éviter la montagne.


Il fait très chaud, pas un seul arbre sur 25 km, je suis terrassé par ce soleil de plomb et les efforts d'hier. Un peu plus tard, je rejoins une route c'est la G207, je ne sais vraiment pas où je suis sauf que quand j'interroge les gens, ils me confirment que c'est bien la direction vers Pékin.

Au 43ème km, une petite ville avec un hôtel. La police prévenue de mon arrivée, après avoir vérifié mon passeport me prie de  quitter  la ville. Je pars mécontent, cinq cents mètres plus loin je fais une halte dans un restaurant pour manger quand je m'aperçois qu'il fait aussi hôtel. Je demande s'il est possible de dormir, c'est oui quant à nouveau les policiers surgissent et interdisent qu'on me loue une chambre. Pendant que je mange, discussion entre la patronne du restau  qui veut m'héberger et la police. Dehors, autour de mon chariot des chinois se sont rassemblés, de nouveau la police me demande de partir de la ville sans vouloir me donner de raison et en m'indiquant la direction du doigt.

Je suis énervé,  dans un élan de colère je sors précipitamment du restaurant et au milieu de tous les chinois je me couche parterre à côté de mon chariot. Aussitôt, les policiers sortent à leur tour, me relèvent, me brossent, nous rentrons de nouveau au restau. Après une brève discussion entre eux, ils me montrent par la fenêtre un endroit pour monter ma tente, juste la route à traverser, il y a des gardes, une barrière qui empêche l'accès à une rue de la ville, ce sera juste à côté de leur tente.

N'ayant plus à quitter la ville, je leur dis Ok, merci et je demande à régler mon repas, 15 yuans. Je sors ma sacoche pour payer, les deux policiers font de même quand  la patronne nous dit que c'est gratuit.


Nous traversons la rue, un policier  tire mon chariot, tous les curieux nous suivent. L'autre policier va chercher un balai  pour nettoyer la terre battue où je vais mettre ma tente, près de celle des gardes, On m'apporte de l'eau dans un seau, me donne une cuvette pour me laver. Il règne une certaine effervescence et les conversations vont bon train, la police va devoir faire circuler badauds trop pressants.

Vingt heures trente, je suis bien installé, mon chariot et moi-même gardés par trois chinois en uniformes avec des brassards.

C'est extraordinaire, la veille on veut me faire démonter ma tente pour m'amener à l'hôtel et aujourd'hui on m'interdit l'hôtel pour monter ma tente. Tout cela ne va pas m'empêcher de passer une bonne nuit.

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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 00:00

Il a plu toute la nuit, ce matin encore je dois ranger mes affaires dans l’herbe mouillée. Comme les jours précédents, les montées raides se succèdent suivies de descentes tout aussi éprouvantes avec un vent de face agrémenté de quelques gouttes de pluie.

Le paysage est toujours aussi beau, au sommet de la Xème ascension, dans la brume j’aperçois la grande muraille avant de redescendre dans la  vallée quand subitement le ciel s’assombri, les éclairs découpent le ciel alors que le tonnerre se met à gronder.



Des photos prises en toute hâte avant de détaler pour trouver un abri J’arrive à une petite maison en ruine, il n’y a pas de toit mais peu importe, je serai protégé du vent. Je déplie ma toile plastique que je pose sur le rebord d’une fenêtre en la maintenant avec des briques, au sol je la tends avec des grosses pierres ce qui fait comme un toit, je peux ensuite me mettre en dessous avec mon chariot.



Le ciel est devenu tout noir, le vent s’est levé alors que les premières gouttes de pluie commencent à tomber. Je suis prêt à affronter cette bourrasque mais quinze minutes plus tard, à ma grande surprise,  la pluie cesse, l’orage suit la montagne sans avoir été méchant avec moi. Au dessus de ma tête le ciel commence à s’éclaircir, je l’ai échappé bel.



Je reprends ma marche, quelques kilomètres plus loin, en bas de la descente je trouve la route inondée ainsi que les près de chaque côté. Les branches des arbres cassées et les feuilles déchiquetées jonchent le sol.



Je suis au 40ème km, j’aimerais bien m’arrêter mais aucun endroit depuis plus de 20 km. Je voudrais déjà trouver un restaurant car je n’ai plus rien à me mettre sous la dent sauf des gâteaux et des raisins secs. Il va falloir attendre le 53ème km pour trouver trois restaurants, les deux premiers ne voulant pas me faire à manger alors que le troisième va m’offrir mon repas. Il est 19h00, je dois faire vite pour manger car dans une heure il fait nuit et il me faut repartir pour trouver un emplacement pour bivouaquer. Je fais encore deux kilomètres avant de dénicher un endroit à l’abri des regards depuis la route.


Il fait nuit quand je finis de monter ma tente, la pluie recommence à tomber quand un chinois sorti de je ne sais où vient vers moi, une lampe torche à la main. Je discute avec lui, lui demande s’il n’y a pas de problème à camper là, il me dit que non avant de s’en aller.

Un quart d’heure après, bien au chaud dans mon duvet j’entends des voix, cinq chinois et deux policiers font irruption, je ne comprends rien à ce qu’ils me disent, ils partent alors avant de revenir avec deux policiers supplémentaires dont une femme qui parle anglais. Je lui présente mon passeport, le vérifie avec la documentation dont elle dispose et me le rend rapidement.

Les policiers  me demandent de démonter ma tente, ils veulent m’amener dans un hôtel, c’est plus confortable me disent-ils, je dis non, je suis bien ici. Ils veulent alors m’offrir à manger, je leur dis que c’est fait, que j’ai l’estomac plein. Devant mon refus de quitter les lieux, l’un d’entre eux me dit que l’endroit est dangereux, qu’il y a des serpents à quoi je réponds que ce n’est pas un problème.

Avec l’aide de mon dictionnaire, à chacune de mes réponses ils rient. Il est déjà 22h00, je voudrais bien dormir, je leur dis que demain je me lève à 5h00 et que je suis fatigué, c’est alors que la femme me dit au revoir et me souhaite une bonne nuit ainsi que le reste de l’équipe. Je vais enfin pouvoir dormir tranquille.

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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 00:00
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