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01 08 2008 Décidé à ne pas quitter la ville

Mon téléphone n'a pas encore sonné (5 heures moins une) que j'entends la voix de notre chinois de la veille qui m'appelle du bas du talus, il vient me réveiller et toute la nuit il a du veiller sur moi sans que je le sache. Il m'aide à ranger mes affaires, à descendre mon chariot et regagner la route.


Hier je m'étonnais de l'arrivée si rapide de la police, je n'ai pas marché 400 mètres que je tombe sur un poste de contrôle, on échange quelques mots sans que l'on ne me demande quoi que se soit, ils sont  certainement au courant.


Le relief est plat mais il fait chaud, avec la fatigue de la veille j'ai du mal à tirer mon chariot. Vers onze heures j'atteins une petite ville, je prends la direction du centre interdite aux poids lourds. Devant le magasin d'un vendeur de deux roues d'occasion, une vespa d'enfant, les pneus sont de dimension 12 ½  x 2 ¼ les mêmes que mon chariot. Ils peuvent me dépanner pour aller jusqu'à Pékin. Je demande s'il veut me les vendre en lui montrant ceux de mon chariot qui sont complètement usés sans lui dire que j'en ai encore une paire des neufs. Il refuse, prend une roue et part pour m'en trouver des neufs, vingt minutes plus tard il revient sans rien. J'insiste pour qu'il me vende ceux de la vespa, autour de moi j'attire  beaucoup de curieux qui interviennent en ma faveur, même la police s'en mêle. Le vendeur cède, il me démonte et me donne les pneus sans vouloir que je lui paie.


Je ne regrette pas d'être passé par le centre même si j'ai perdu un peu de temps. Maintenant, il me faut retrouver ma route vers Zhang Jakou, un jeune chinois qui parle anglais m'accompagne jusqu'à la sortie de la ville, des policiers me mettent ensuite dans la bonne direction seulement, ce n'est plus la route  G110 mais la X454, elle est récente plate et toute droite, elle a l'air d'éviter la montagne.


Il fait très chaud, pas un seul arbre sur 25 km, je suis terrassé par ce soleil de plomb et les efforts d'hier. Un peu plus tard, je rejoins une route c'est la G207, je ne sais vraiment pas où je suis sauf que quand j'interroge les gens, ils me confirment que c'est bien la direction vers Pékin.

Au 43ème km, une petite ville avec un hôtel. La police prévenue de mon arrivée, après avoir vérifié mon passeport me prie de  quitter  la ville. Je pars mécontent, cinq cents mètres plus loin je fais une halte dans un restaurant pour manger quand je m'aperçois qu'il fait aussi hôtel. Je demande s'il est possible de dormir, c'est oui quant à nouveau les policiers surgissent et interdisent qu'on me loue une chambre. Pendant que je mange, discussion entre la patronne du restau  qui veut m'héberger et la police. Dehors, autour de mon chariot des chinois se sont rassemblés, de nouveau la police me demande de partir de la ville sans vouloir me donner de raison et en m'indiquant la direction du doigt.

Je suis énervé,  dans un élan de colère je sors précipitamment du restaurant et au milieu de tous les chinois je me couche parterre à côté de mon chariot. Aussitôt, les policiers sortent à leur tour, me relèvent, me brossent, nous rentrons de nouveau au restau. Après une brève discussion entre eux, ils me montrent par la fenêtre un endroit pour monter ma tente, juste la route à traverser, il y a des gardes, une barrière qui empêche l'accès à une rue de la ville, ce sera juste à côté de leur tente.

N'ayant plus à quitter la ville, je leur dis Ok, merci et je demande à régler mon repas, 15 yuans. Je sors ma sacoche pour payer, les deux policiers font de même quand  la patronne nous dit que c'est gratuit.


Nous traversons la rue, un policier  tire mon chariot, tous les curieux nous suivent. L'autre policier va chercher un balai  pour nettoyer la terre battue où je vais mettre ma tente, près de celle des gardes, On m'apporte de l'eau dans un seau, me donne une cuvette pour me laver. Il règne une certaine effervescence et les conversations vont bon train, la police va devoir faire circuler badauds trop pressants.

Vingt heures trente, je suis bien installé, mon chariot et moi-même gardés par trois chinois en uniformes avec des brassards.

C'est extraordinaire, la veille on veut me faire démonter ma tente pour m'amener à l'hôtel et aujourd'hui on m'interdit l'hôtel pour monter ma tente. Tout cela ne va pas m'empêcher de passer une bonne nuit.

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