Il a plu toute la nuit, ce matin encore je dois ranger mes affaires dans l’herbe mouillée. Comme les jours précédents, les montées raides se succèdent suivies de descentes tout aussi éprouvantes avec un vent de face agrémenté de quelques gouttes de pluie.

Le paysage est toujours aussi beau, au sommet de la Xème ascension, dans la brume j’aperçois la grande muraille avant de redescendre dans la vallée quand subitement le ciel s’assombri, les éclairs découpent le ciel alors que le tonnerre se met à gronder.


Des photos prises en toute hâte avant de détaler pour trouver un abri J’arrive à une petite maison en ruine, il n’y a pas de toit mais peu importe, je serai protégé du vent. Je déplie ma toile plastique que je pose sur le rebord d’une fenêtre en la maintenant avec des briques, au sol je la tends avec des grosses pierres ce qui fait comme un toit, je peux ensuite me mettre en dessous avec mon chariot.

Le ciel est devenu tout noir, le vent s’est levé alors que les premières gouttes de pluie commencent à tomber. Je suis prêt à affronter cette bourrasque mais quinze minutes plus tard, à ma grande surprise, la pluie cesse, l’orage suit la montagne sans avoir été méchant avec moi. Au dessus de ma tête le ciel commence à s’éclaircir, je l’ai échappé bel.

Je reprends ma marche, quelques kilomètres plus loin, en bas de la descente je trouve la route inondée ainsi que les près de chaque côté. Les branches des arbres cassées et les feuilles déchiquetées jonchent le sol.

Je suis au 40ème km, j’aimerais bien m’arrêter mais aucun endroit depuis plus de 20 km. Je voudrais déjà trouver un restaurant car je n’ai plus rien à me mettre sous la dent sauf des gâteaux et des raisins secs. Il va falloir attendre le 53ème km pour trouver trois restaurants, les deux premiers ne voulant pas me faire à manger alors que le troisième va m’offrir mon repas. Il est 19h00, je dois faire vite pour manger car dans une heure il fait nuit et il me faut repartir pour trouver un emplacement pour bivouaquer. Je fais encore deux kilomètres avant de dénicher un endroit à l’abri des regards depuis la route.
Il fait nuit quand je finis de monter ma tente, la pluie recommence à tomber quand un chinois sorti de je ne sais où vient vers moi, une lampe torche à la main. Je discute avec lui, lui demande s’il n’y a pas de problème à camper là, il me dit que non avant de s’en aller.
Un quart d’heure après, bien au chaud dans mon duvet j’entends des voix, cinq chinois et deux policiers font irruption, je ne comprends rien à ce qu’ils me disent, ils partent alors avant de revenir avec deux policiers supplémentaires dont une femme qui parle anglais. Je lui présente mon passeport, le vérifie avec la documentation dont elle dispose et me le rend rapidement.
Les policiers me demandent de démonter ma tente, ils veulent m’amener dans un hôtel, c’est plus confortable me disent-ils, je dis non, je suis bien ici. Ils veulent alors m’offrir à manger, je leur dis que c’est fait, que j’ai l’estomac plein. Devant mon refus de quitter les lieux, l’un d’entre eux me dit que l’endroit est dangereux, qu’il y a des serpents à quoi je réponds que ce n’est pas un problème.
Avec l’aide de mon dictionnaire, à chacune de mes réponses ils rient. Il est déjà 22h00, je voudrais bien dormir, je leur dis que demain je me lève à 5h00 et que je suis fatigué, c’est alors que la femme me dit au revoir et me souhaite une bonne nuit ainsi que le reste de l’équipe. Je vais enfin pouvoir dormir tranquille.