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02 août 2008 J'arrive à Zhang Jakou

Debout cinq heures, mes gardes sont là, ils m'aident à ranger mon matériel, vont me chercher de l'eau chaude pour me faire un café. Arrivent ensuite mes charmants policiers de la veille, gentils et courtois. Ils vont m'accompagner une douzaine de km jusqu'au péage. Entre temps, je dois changer mes pneus pour mettre ceux d'occasion achetés la veille.


Juste après le péage, une nouvelle voiture de police prend le relai, rejoint par une autre, c'est alors qu'ils décident de m'arrêter. Ils se passent mon passeport de main en main, je reste patient, je me mets assis,  profite de cet arrêt pour faire une pause et manger.


Mon contrôle s'éternise, je me lève, leur montre l'heure qui tourne, j'enfourche mon chariot et je pars sans demander mon reste. Ils me rattrapent aussitôt pour me rendre mon passeport et me dire au revoir en me félicitant par un geste du pouce. C'était un coup de bleuf, je ne serais pas parti sans mes papiers. Alors que j'arrive à un croisement, je retrouve ma route G110 que j'ai perdu depuis la veille. J'ai du faire quelques kilomètres en plus mais je n'ai pas eu de montagne. 


La journée se poursuit le mieux du monde  quand vers 16h00 je m'arrête dans un restaurant pour boire une bière en attendant de manger.

Je suis en train de manger mes raviolis quand arrivent successivement trois véhicules de police. Un policier me demande de venir en voiture à l'office de police, je refuse catégoriquement en lui disant  que je vais à Pékin depuis la France uniquement à pied. Alors que je continue à manger, avec l'aide d'un petit dictionnaire « français-chinois » la conversation continue avec quatre policiers  pendant que quatre autres sont dehors. Au bout d'un certain temps, je pique une colère, je mets ma main au dessus de ma tête en leur disant en français : la police j'en ai ras le bol. Une policière qui avait mon dictionnaire en main tombe sur le mot tension avec en dessous une phrase traduite en chinois, ‘'vous avez de la tension'' elle me la montre, je souris en lui répondant que non mais que tous ces contrôles à répétition m'irritaient, que c'était déjà le 3ème aujourd'hui. Elle me demande si je dors ici, je lui dis que non, mon repas terminé je repars, je ne sais pas où je vais dormir, soit à l'hôtel si j'en trouve un sinon sous la tente.

Je suis prêt à continuer ma route, je demande à payer mon repas et comme la veille ils me disent que non, en fin de compte c'est le restaurateur qui prend en charge la note.


Quand je reprends la route, deux voitures m'escortent. A ma hauteur, les policiers discutent avec moi et sur le bord de la route les gens d'un geste de la main me disent bonjour et me félicitent.

Alors que j'approche de Zhang Jakou, je me dis qu'il serait bien d'aller jusque là. A un arrêt, je demande à un policier où il y a un hôtel bien et pas cher, il me dit de les suivre. Nous arrivons au Xuan Hua un hôtel chic en plein centre ville, dans une aile de l'établissement il y a des chambres à 76 yuans (7.60 euros) où les policiers logent, la chambre est très correct avec douche et télé. Depuis le 25 juillet je n'ai pas dormi dans un lit.

Sans tous ces contrôles la journée aurait été parfaite, 48 km sur une route plate et ombragée avec un petit orage d'un quart d'heure  pour me rafraichir.

 

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