J’ai pris l’habitude de faire sonner mon réveil où plutôt mon téléphone à 5h22. Pourquoi 22 ? Tout simplement la première fois je voulais mettre 5h30, je me suis trompé et maintenant il restera ainsi. A cette heure là, il fait encore nuit mais le temps de ranger mon duvet, ma tente, le jour commence à se lever et c’est entre 6h et 6h15 que je pars après avoir bu de l’eau en guise de café et grignoté quelques nourritures quand il m’en reste. Je n’ai pas de réchaud et quand l’occasion se présente, comme aujourd’hui, c’est bien volontiers que j’accepte une boisson chaude à moins que je ne m’arrête dans un café déjà ouvert.
Ce matin, le ciel légèrement nuageux va de temps en temps cacher le soleil et me donner un peu d’ombre. Le vent de la veille a totalement disparu, la route est plate, 10 km dans les deux premières heures cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps quand j’entends : ‘’hello coffee’’, une femme me voyant passer me propose un déjeuner sur une terrasse en surplomb de la mer, quatre grandes tartines grillées mais moelleuses, imbibées d’un sirop de figues et une grande tasse de café quand je vois accroché au mur un petit panneau avec un lit et une tasse, il s’agit d’une maison d’hôtes, ce n’est pas offert et il va falloir que je paie. Peu importe, après avoir dégusté ce succulent petit déjeuner et parlé de mon aventure, je demande combien je dois. Cette italienne habitante de Rijeka (nuit dans le jardin public) est en vacances dans ce petit village et me dit qu’elle me l’offre. Je lui promets de lui envoyer une carte postale en lui disant que je n’étais pas sûr qu’elle soit de Pékin, elle me répond avec son accent italien : si si Pékin.
A 13h j’arrive à Paklenica, petite ville en bord de mer et aux pieds des montagnes les plus hautes de Croatie, elles culminent à 1800 mètres. Il y a un magnifique parc national à voir quand l’on fait du tourisme, je ne me vois pas monter là haut mais, du bas, le paysage est aussi splendide.
Au restaurant, je fais la connaissance d’un couple de Dordogne, Anna et Marcel, il m’offre le café, me donne leur adresse et si je passe vers Périgueux m’invite à venir leur rendre visite.
Quand j’arrive au camping un peu avant Maslenica, toujours au bord de la mer, j’ai marché 41km, une belle journée même si je suis fatigué j’ai repris du tonus.