La nuit a été froide mais le ciel rouge annonce une belle journée. La responsable du restaurant est là pour que je puisse prendre mon petit-déjeuner, il n’est pas encore 6 heures.
L’hôtel est dans un parc, quand je prends la route, les flaques d’eau sont recouvertes d’une épaisse couche de glace difficile à casser. Je suis à 500 mètre de la frontière, le pont à traverser, quelques coups de tampon et je suis en Azerbaïdjan.
Je contemple l’eau qui coule sous mes pieds, le courant est fort, il ne ferait pas bon tomber dedans. Je suis les couloirs réservés aux piétions pour arriver d’abord à la douane géorgienne. Je tends mon passeport, le douanier le prend puis me dit : il est où votre visa ? Je tourne la page et lui montre. Il me dit : il est périmé. Je suis effondré, voyant ma détresse, il appelle son homologue Azerbaïdjanais qui confirme qu’il ne peut rien faire malgré mon insistance.
Je fais demi-tour et m’effondre en sanglots. Le pont retraversé, je m’assois au bord de la route, les mains sur le visage.
Un minibus qui va en direction de Tbilissi s’arrête, un géorgien me demande si je monte, je n’ai pas le choix. Je mets mon sac dans le coffre, retour à Tbilissi.
A Tbilissi je peux refaire une demande de passeport, quatre à cinq jours de délai, seulement, à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan on me confirme qu’il me sera impossible d’avoir celui pour le Turkménistan. Il faudrait que je passe par l’Iran et aller le chercher à Téhéran. Je n’ai plus qu’à rentrer en France.
Quand j’annonce la nouvelle à Marie-Jeanne, elle laisse exploser sa joie de me revoir pour les fêtes de fin ‘année.
Je lui dis que je ne veux pas finir comme cela, que j’allais repartir, elle me dit oui après les fêtes.
De retour à Tbilissi, je vais passer la nuit à l’aéroport.