Mon intention n’était pas d’aller jusque Kavala qui se trouvait à 43km mais une mauvaise indication d’ouvriers travaillant sur la route me fait louper un camping situé au 32 km de plus, ils vont me diriger vers l’autoroute que je vais devoir emprunter pendant 17km. Renseignements recueillis, celui de Kavala est à la sortie de la ville direction Xanthi, c’est justement ma route.

Il est 18h quand j’arrive à ce que je crois être la fin de cette longue journée épuisante seulement, le camping est fermé. Je m’approche plus près de l’entrée quand j’aperçois des jeunes avec un berger allemand à l’intérieur. Je les interpelle, l’un deux vient jusqu’au portail, je lui explique mon aventure et lui demande s’il est possible de me laisser entrer pour la nuit. Il me répond qu’il ne peut pas mais veut bien me laisser rejoindre la plage qui longe le camping. Nous le traversons, il m’ouvre le portail qui donne sur la mer en m’indiquant que pour sortir demain, la clé est derrière le poteau, que l’entrée devant sera ouverte. Je le remercie et je m’installe comme la veille sur le sable encore chaud, deux pêcheurs taquinent les bars dans les vagues qui se jettent sur la grève.
J’ai le petit orteil gauche qui me fait très mal, il a doublé de volume, les dix derniers kilomètres je pouvais à peine poser le pied par terre et j’appréhende pour demain. Un premier bain dans la mer fera peut-être du bien à mon mal et me permettra de me laver ce soir. Malgré la fraicheur du soir, l’eau est bonne, peut-être 23°, je prends une photo du coucher de soleil sur Kavala avant de me coucher dans mon duvet à l’écoute de la mer, sous le regard de la lune et le scintillement des étoiles.