A Fatsa, pour ma pose je m’arrête dans une station BP, il est 9 heures et je suis trempé jusqu’aux os. Une heure plus tard, je fais une halte dans un café, pour me réchauffer je bois plusieurs thés brulants.
Pour aller à Ordu, une nouvelle route coupe la pointe de terre en passant par la montagne, un gain de 14 km, je choisi cet itinéraire qui s’avère ne pas monter excessivement grâce aux nombreux tunnels qui évitent bon nombres de montées qui auraient pu être très raides. Cette route a été mise en service en 2006 date qui figure sur les tunnels. J’en passe cinq dont le dernier mesure 3870 mètres, les autres variant d’une longueur de 150 à 300 mètres. C’est plus de 5km de tunnel que je parcours et quand il pleut comme aujourd’hui, d’être à l’abri c’est providentiel. Au milieu du dernier, les hauts parleurs se mettent à hurler des messages incompréhensibles pour moi. Tout d’abord un frisson et quelques inquiétudes je fais l’analyse de la situation. Les issues d’évacuation entre les deux sens du tunnel sont fermées, la circulation continue sans que personne ne s’arrête pour me signaler un danger ce qui va me rassurer. Quelques centaines de mètres plus loin, j’aperçois un gyrophare, c’est un véhicule d’entretien avec deux personnes, je discute avec eux, ils sont entrain de vérifier le bon fonctionnement du matériel. Ils me proposent de me prendre à bord de leur véhicule, bien entendu je refuse l’offre avant de s’éloigner en me laissant poursuivre ma route à l’abri. Quand je sors du tunnel, les conditions atmosphériques ne se sont pas améliorées.
Cette nouvelle route ne traverse aucun village et je suis en pleine montagne sans aucun abri possible. Il est déjà tard, la nuit commence à tombée et Ordu est encore à 16 km plus bas impossible d’y arriver. Une seule solution, stopper un minibus pour rejoindre la ville, trouver un hôtel pour passer la nuit, me sécher car je suis trempé à tordre et revenir sur mes pas demain. Une fois dans ma chambre, je suis frigorifié et fatigué, j’ai quand même marché 39 km dans des conditions pas faciles.