C’est aujourd’hui à 15h que je récupère mon visa pour l’Azerbaïdjan. Ce matin, à la messe de 8h le frère Gwenolé Jeusset qui officie nous donne la bénédiction (Anne-Marie et François qui vont à Jérusalem et à moi-même). Pendant la matinée, je range tranquillement mes affaires et nettoie la pièce où j’ai eu la chance d’être hébergé grâce à André WEILL qui lui aussi est passé ici lors de son pèlerinage à Jérusalem et qui m’a fait connaître le frère Gwenolé Jeusset.
Un autre pèlerin bien connu est passé dans ces lieux, c’est Paul Jame un exemple à suivre, il habite comme moi à Saint-Genis-Laval dans le Rhône. Cela m’a fait très plaisir de voir leurs empreintes et leurs photos dans le Livre d’Or du frère.
Si vous ne les connaissez pas, je vous invite à aller sur leurs sites, à lire les livres d’André ‘’T’es toi quand tu marches ‘’ ‘’Nous sommes faits pour marcher’’.
A 11 heures, le frère nous rejoint, avec Anne-Marie, François et Olivier nous prenons des photos avant de partager ensemble un repas d’amitié. Je signe le Livre d’Or, je rappelle mon chemin vers Pékin où vont se dérouler les Jeux Olympiques, symbole de la paix dans le monde.
François repart avec moi, après cet arrêt obligé nous piaffons d’impatience de repartir, nous allons marcher ensemble jusqu’au ce que nos routes se séparent, lui direction Ankara vers le sud et moi direction Samsun vers l’est. 14h30 le sac sur le dos, nous partons vers le consulat pour récupérer mon passeport et visa avant de quitter Istanbul pour poursuivre ma route vers Pékin. Ce soir c’est la fête avec la fin du ramadan, les rues sont noires de monde, les gens ont les bras chargés de cadeaux.
Dans le métro qui nous amène au consulat nous sommes tassés, nos gros sacs n’arrangent rien, quand nous y arrivons c’est déjà ouvert, avec notre barda nous nous attendons à être fouillé pour des raisons de sécurité, pas du tout, nous rentrons dans le bureau, sur un meuble une vingtaine de passeports, on me dit de prendre le mien et aussi vite arrivée aussi vite reparti avec mon visa en poche.
Pour quitter cette ville gigantesque, nous décidons de prendre un bus sur quelques kilomètres et qui nous amènera sur la bonne route en passant sur le pont du Bosphore. Ce pont gigantesque passe au-dessus des villages d’Ortaköy et de Beylerbeyi. Il relie les deux continents en enjambant le Bosphore sur une longueur de 1560 mètres et culmine à 64 mètres, il a été inauguré en 1973. Après de nombreux accidents, il est interdit de le traverser à pied. Le coût de sa construction a été de 200 millions de dollars, pour le traverser il faut s’acquitter d’un péage. Le gouvernement avait promis de donner l’accès gratuit quand celui-ci serait remboursé, à ce jour il est toujours payant alors qu’il a déjà rapporté plus d’un milliard de dollars. Il est 16h, après une dizaines de kilomètres de bouchon nous descendons pour faire quelques kilomètres avant de trouver de quoi passer la nuit.
Nous avons marché 5 km quand nous arrivons à Sultanbeyli, banlieue d’Istanbul. A un market, nous nous arrêtons pour faire les courses du soir avant de trouver un immeuble en construction, nous nous installons au premier étage. Nous venons à peine de finir de manger notre pain et fromage que dans l’escalier je vois un homme qui en m’apercevant me hurle : passeport, passeport… On essaie de la calmer en lui expliquant pourquoi nous sommes là mais rien n’y faisait. Nous le suivons dans la rue, je veux récupérer mon parcours que je lui ai montré et qu’il a gardé. Les cris ont alerté d’autres turcs notamment un dont l’entreprise est juste en face de la rue. François lui montre un papier écrit en turc expliquant ce que nous faisions et demandant en endroit pour dormir. Spontanément, il nous dit qu’il va nous héberger après qu’il ait discuté avec l’autre énergumène qui n’est autre qu’un flic en civil qui n’arrive pas à se calmer.
Après avoir récupéré mon parcours, nous remontons au 1er étage rassembler nos affaires et rejoindre notre protecteur qui nous propose gîte et couvert. Sans demander notre reste, nous montons dans kangou d’Ahmet, qui nous amène chez lui. Il prévient sa femme par téléphone et quand nous arrivons elle nous attend. Le temps de prendre une bonne douche, elle a déjà préparé le repas que nous prenons en famille. Nous passons la soirée à discuter de nos aventures respectives, regardons la télé puis nous allons sur internet, le tout en dégustant trois où quatre thés avant d’aller se coucher. Demain c’est férié en Turquie et nous ne voulons pas faire lever tôt nos bienfaiteurs, réveil 7h30.