Pendant cette période où Gilles et Marie-Joseph m’accompagnent, nous allons en profiter pour visiter l’Italie. Le soir, nous organisons l’étape du lendemain : jusqu’où allons-nous aller en privilégiant les endroits où il y a un camping, qu’est ce qu’il y a à visiter, étant entendu que je ne cours que le matin, l’après-midi et la soirée réservées aux activités autres que la course.
Le matin, lever à 6h30 petit déjeuner, départ vers 7h. Gilles me suit en VTT pour m’approvisionner en boisson et nourriture. Tous les 4 à 5 km un petit arrêt de 5 minutes, je bois et m’alimente cela jusqu’à la fin de l’étape où nous rejoignons Marie et Marie qui ont préparé notre accueil et un bon petit repas. Le temps de prendre une bonne douche et nous sommes à table.
Pendant que nous arpentons les routes italiennes, nos épouses remballent le bivouac, font les achats et préparent notre arrivée. Par portable, elles nous informent du lieu de ralliement et nous donnent quelques informations pour faciliter nos retrouvailles. Faute de camping, elles nous dégotent un petit hôtel agréable et pas trop cher.
C’est ainsi que nous allons fonctionner jusqu’au moment où ils vont me quitter, nous serons à Venise.
28 juillet Borogne de Susa 39k. Nos épouses vont visiter le monastère de Sacra di San Michèle qui domine sur les hauteurs d’Avigliana, vous y retrouvez l’atmosphère du roman ‘’Au nom de la Rose’’ d’Umberto Eco. C’est là aussi que reposent les princes de Savoie. Au retour de Lyon-Athènes-Lyon j’avais déjà fait étape à côté de cet édifice magnifique que vous pouvez voir depuis la route quand vous allez à Turin.
29 juillet Turin 36km. C’est à Turin que mon itinéraire commun avec Lyon-Athènes-Lyon se termine. Je retrouve le camping Villa Rey qui domine Turin et le Po, installé dans un parc où l’on peut voir une très ancienne villa.
Je croise deux jeunes lyonnaises qui sont là pour quelques jours. L’après-midi, nous descendons nous promener sur les rives du fleuve avant de passer la soirée dans un restaurant que je connaissais de mon précédent périple et qui est bien particulier puisqu’il suffit de payer sa boisson et vous mangez à volonté.
30 juillet Crescentino 42km. Pas de camping. Perdu dans la campagne, nous trouvons une maison avec des chambres toutes neuves aménagées pour les touristes au milieu d’un parc avec piscine. Un endroit de rêve s’il n’y avait pas eu ces petits insectes diptères piqueurs et suceurs de sang, les moustiques. Pas de marche supplémentaire, seulement un après-midi bronzage.
31 juillet Novara 51km. Après une longue étape sous le soleil, nous arrivons dans une petite ville du Piémont où l’on peut voir la coupole de Saint-Gaudence, chef d’œuvre d’Alexandre Antonelli.
1 août Milan 42km. Pour parvenir au camping en banlieue de Milan, capitale de la Lombardie, pas mal de péripéties, quoi que nous fassions nous étions toujours sur l’autoroute, nous devons même l’emprunter pour arriver à nos fins. Pas de temps à perdre, il faut vite manger pour partir à la découverte de cette ville somptueuse. Une demi-heure plus tard, après avoir emprunté bus et métro nous sommes au centre de la ville place del Duomo juste en face de la majestueuse cathédrale gothique de Milan.
Je connais un peu la ville pour l’avoir visité le jour où je suis venu voir le match de foot Milan-Lyon en coupe des champions, nous étions passés tout près de la demi-finale.
Nous allons poursuivre notre visite avec la galerie Vittorio Emanuele et son immense verrière en forme de croix. Nous poursuivrons avec la Scala, bâtiment anodin de l’extérieur, il est grandiose de l’intérieur, un des plus grands théâtres du monde. Un petit tour dans la vieille ville, il est l’heure de rentrer avec de nombreuses et belles images dans la tête.
2 août Calcio 34km. La sortie de Milan a été difficile, pas de camping pour le bivouac du soir. Un petit hôtel sympa va faire l’affaire. Nous sommes arrivés quand nous essuyons une averse de courte durée. Cet après-midi j’ai du courir pour arriver à faire une journée correct, sortir de Milan nous a retardé et c’est au bord de la route que nous avons pique-niqué à midi. Un petit tour du village et comme le soleil est revenu, c’est dans la campagne que nous allons faire le repas du soir agrémenté d’une partie de yams (jeu de dés) avec mon frère comme souvent quand nous avions quelques minutes.
3 août Brescia 47km. Nous allons directement monter la tente à Desenzano au bord du lac de Garde, dans un cadre très agréable. Nous passerons deux nuits au bord de l’eau et demain je ferai les kilomètres non courus entre Brescia et Desenzano. Marie-jeanne et Marie-Jo n’aurons pas les tentes à démonter, elles pourront aller visiter à la grotte di Catullo sur la presqu’ile de Sirmione et se baigner.
4 août Desenzano 36km. Un tour au bord du lac pour parcourir le nombre de km qui devaient m’amener à Desenzano. Il n’est pas encore midi quand nous terminons notre étape journalière dans un état de fraîcheur rassurant pour la suite du défi. Depuis le départ, nous avons déjà dépassé les 600km.

5 août Vérone 34km. Une petite étape pour atteindre Vérone. Nous sommes dans un petit camping en terrasses qui domine la ville à côté du château fortifié ‘’Le Castelvecchio’’, un point de vue exceptionnel. Seul inconvénient, pas de possibilité de rentrer en voiture, on doit la laisser sur le parking en dehors. Il faut attendre 14h avant de pouvoir obtenir une place, malgré le peu d’emplacement, nous avons satisfaction. Une fois installés et après s’être restaurés, nous rejoignons le centre ville par le vieux pont romain ‘’Le Ponte Pietra ‘’ qui enjambe l’Adige. Ma Juliette est aux anges, nous découvrons la splendide basilique ‘’Palladiana’’, les arènes qui tiennent lieu d’opéra et d’autres très beaux monuments. Après un repas au restaurant place Bra, en face de l’amphithéâtre romain illuminé, nous allons nous rendre à la ‘’Casa di Giulletta’’ (la maison de Juliette) hélas fermée, je ne pourrai caresser les seins de l’éclatante statue de bronze représentant Juliette mais peu importe, un petit bisou à Marie-Jeanne avant de rentrer au camping. Une belle journée en amoureux.
6 août Vicenza 56km. C’est à l’hôtel que nous allons passer la nuit, l’étape a été longue, la plus grande depuis le début de l’aventure, c’est dans le milieu d’après-midi que je vais atteindre mon objectif du jour. Dans la salle de bain, nous avons l’agréable surprise de trouver un spa de quoi se décontracter quelques temps avant de partir dans la campagne pour pique-niquer le soir et finir la soirée.
7 août Montegrotto 42km. Pour trouver un camping, nous allons contourner Padoue par le sud pour aller planter la tente dans une petite ville d’eau. Pendant que nos moitiés vont se promener pour découvrir le charme de cette petite station balnéaire, avec Gilles, nous entamons une nouvelle partie de dés agrémentée d’une boisson fraîche en même temps que nous récupérons des efforts de la journée.
8 août Mestre aux portes de Venise 19km. Demain Gilles et Marie-Jo vont nous quitter, ils vont rester une journée de plus à Venise pendant que Marie-Jeanne va m’accompagner jusqu’à Trieste avant de rentrer elle aussi sur Lyon, ses vacances terminées. Pour disposer de plus de temps pour visiter Venise qu’ils ne connaissent pas, je vais courir seulement 19km, la plus petite étape depuis mon départ. 10h nous sommes aux portes de cette ville mystérieuse, les campings ne manquent pas, les tentes rapidement installées, nous sautons dans le premier bus qui va nous amener à l’entrée de la cité. Le long des canaux nous suivons les indications qui nous dirigent vers les endroits les plus visités : le pont du ‘’Rialto’’ qui enjambe le grand canal, l’église ‘’San Giacomo’’, le palais des Doges, la place Saint-Marc avec sa basilique ‘’di San Marco’’ et bien d’autres lieux très beaux et pittoresques.
C’est au restaurant que nous allons finir la soirée, demain Marie-Jo et Gilles reviendront pour une journée finir leurs vacances avant de rentrer en France.
9 août Caorle 54km. Plus de VTT à mes côtés pour me porter assistance, Marie-Jeanne va assurer cette tâche avec la voiture en attendant de me retrouver seul. Tous les 4 à 5km je rejoins le véhicule, me réhydrate, absorbe quelques produits énergétiques, quelques minutes de récupération et je repars un peu plus fringant jusqu’au prochain arrêt. Un pique-nique en cours de route avant de finir les derniers km qui vont nous amener dans un camping en bord de mer.
10 août San Giorgo 46 km. Un des derniers jours sans avoir à porter mon sac, j’en profite pour faire une grande étape qui me permettra d’atteindre Trieste demain. Comme la veille je vais courir toute la journée. L’idée de penser que toute l’aide que l’on m’a apporté depuis 15 jours se termine me préoccupe. Cette première partie de course m’a paru plus ressembler à des vacances malgré les distances importantes parcourues, mon encadrement familial me faisait oublier tous les efforts fournis, me permettait d’être bien dans ma tête et physiquement. Une nouvelle aventure va commencer avec la solitude à dompter et ma route à tracer.